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11/06/2009

Envie de chier dans la bouche du trotskard

C'était en janvier 2009.

Le congrès local du NPA se tient en présence de Judas, de dissidents trotkystes appelés aussi "le briquet", de racistes et autres "moi-je" comme on les aime. Une pleine journée de débats, d'invectives, d'ennuie puis de grise mine. Une pleine journée de reformulation, de réécriture, de suppression et d'ajout d'amendements à des textes "fondateurs", et c'est ainsi que nâquit le NPA. Du moins à Nantes.

La journée sera longue. Plus d'une centaine d'amendements à traiter pour des textes écrits à l'arrache. Première friction sur les principes fondateurs : on constate que la définition de la laïcité n'est pas claire. Le mot est utilisé à toutes les sauces (écoles, droit des femmes, services publics, etc...). Mais on voit bien qu'il s'agit d'une digression sur le port du voile. C'est pourquoi j'avais proposé un amendement sur la laicité. Le refus catégorique de cet amendement a été lourdement argumenté : "attends, moi je suis ouvert. mais c'est quoi ces musulmans qui demande à avoir de la viande halal dans les cantines ? Ils passent leur temps à contester les enseignements sous prétexte que ça ne correponds pas à leurs croyances religieuses. On leur donne la main, ils prennent le bras..." A l'heure de trancher, la majorité est contre l'amendement.

Continuons donc sur notre belle lancée. Avec ces imbéciles qui ont un avis sur tout, et veulent mettre leurs mains dans toutes les pâtes. Une unique journée de débat, et en voilà qui font perdre du temps et gagner la fatigue : "Cet amendement ne fera pas changer grandement le texte, - oui mais il est important"... Super. Enfin, soyons positif. Nous avons réussi à torcher tous les amendements. "Le briquet" votait "non" à tout ce qui ne comportait pas les mots "ouvriers, lutte des classes, révolution, marx..." et à tout ce qui comportait une participation à ce qui deviendra le front de gauche. Voilà une bande d'illuminés qui croit tout savoir sur "comment provoquer une transformation révolutionnaire de la société". Rien de moins que des bureaucrates. On se demande pourquoi ils ont été séparés si longtemps des vieux dirigeants de la LCR. En fait, toute la réponse est dans une blague : qu'est-ce que trois trotskistes dans une cabine téléphonique ? Butés comme des mules égyptiennes, leur objectif est de prendre position. On tient un discours et on n'en démord pas. Ce sera ma virgule bourgeoise contre la tienne. Il n'y a plus qu'à trancher. Soit je perds et j'assumerai l'échec, tout en poursuivant mon combat. Soit je gagne et t'es foutu. Jean-Jacques Rousseau, penseur des lumières du courant communiste, appelait ça la dictature de la majorité. Eux, ils appellent ça la dictature du prolétariat. Sauf que la nouvelle génération veut expérimenter d'autres méthodes issues de l'autogestion : consensus, mandat impératif... Et ça, ça a du mal à faire son chemin au milieu des caciques. Si bien que Judas vient mettre son nez dans la farine.

Une journée longue. Des débats à se crêper le chignon, tellement c'est dérisoire, ou tellement c'est complexe. Une série de vote définitif à destination du congrès national fondateur du NPA (début février). Tout ça pourquoi ? Tout ça pour que Judas se la ramène et prône le mandat libre. Et le pire, c'est que le comité jeune (scolarisé !) dans lequel j'étais a approuvé ! C'est con comme situation, alors que 5 lignes plus haut je fais état d'une rupture de génération. En fait, je crois que les jeunes qui étaient là au moment du vote étaitent plutôt d'accord avec le discours d'autonomie de la jeunesse du NPA (tenu par Judas) qu'avec mon idée d'intégration du secrétariat "jeunes" au sein du secrétariat national (pour éviter la mainmise bureaucratique des JCR). Sans compter le magistère moral qu'exercent Judas et "le briquet" sur ces jeunes. Mais ça veut dire quoi "envoyer des mandatés libres au congrès national après une entière journée de fritage" ? Ca veut dire qu'on a passé une journée à se branler les couilles pour rien puisqu'au final ce n'est pas forcément ce qu'on a voté qui sera défendu par nos délégués : ils seront libres de défendre et de voter ce qu'ils veulent au congrès national. Lorsque j'en ai fait part à l'Assemblée Plénière, je me suis vu adressé un "hou!!" général alors qu'elle avait voté quelques minutes plus tôt la motion de clermont-ferrant. D'ou ma supposition que ce "hou!!" n'était pas forcément majoritaire. Alors si c'était comme ça dans les autres comités, tu m'étonnes que l'amendement de Clermont-Ferrand ne fasse que 16% au niveau national... Quand on passe de 3000 à 9000 militants, il est évident que c'est le repli sur soi qui gagne. Logique !

C'était en 1919.

Ordre est donné à l'armée rouge d'envahir le Goulaï-Polé, province Ukrainienne protégée par la makhnovstchina. C'est un mouvement au sein duquel les anarchistes ukrainiens évoluent au côté des classes laborieuses (ouvriers et paysans). Le message d'invasion étant intercepté, un congrès est convoqué. Et c'est là que Trotsky entre en scène : tous les participants à ce congrès doivent être arrêtés. Mieux vaut Dénikine (monarchiste ukrainiens) qu'un mouvement opposé à la dictature du prolétariat. En fait, la dictature du parti bolchévik sur le prolétariat.

Les troupes de l'armée rouge se retirent pour faciliter la victoire de l'armée blanche (de Dénikine). Makhno est désigné responsable de la défaite et les insurgés sont arrêtés et fusillés. Makhno démissionne alors de son commandement de l'armée révolutionnaire et laisse l'armée rouge de Trotsky se faire expulser d'ukraine par l'armée blanche, alors qu'il était prévu un partage du territoire. Makhno revient ensuite, reforme la makhnovstchina et défonce l'armée blanche en 3 mois.

Après une épidémie de typhus et une nouvelle guerre contre l'armée blanche (menée cette fois par Wrangel), la makhnovstchina sera écrasée par Rakovsky sur ordre de Lénine : les makhnovistes sont arrêtés et jugés comme des criminels, accusés d'être des alliés de l'armée blanche !

Il y en a qui sont capables de tout pour défendre la dictature du prolétariat. Pourvu que l'histoire ne se répète pas, et que les trotskystes ne brisent pas à nouveau des rêves.

 

 

Teddy Francisot.

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