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18/07/2010

Exclusif : le premier blanc à avoir une bite de plus de 25 cm

"C'est pas parce qu'on est blanc qu'on n'a pas une grosse bite" (C. Lemaître)

Le mot est lâché ! C'est presqu'une victoire pour la race blanche, qui fût dominé dans la discipline par la race noire. Ça faisait un peu beaucoup quand même : déjà, les nègres courent plus vite, et en plus ils ont les plus grosses bites. C'est agaçant à la fin.

Et pourtant, c'est juste un grand athlète.

 

Tous en chœur (Le Monde, Le Parisien, L'Express, Les Echos, 20 Minutes, TF1, France Info, Nouvel Obs, Ouest-France,  etc... : "premier sprinter blanc sous les 10 secondes", "un blanc sous les 10 secondes", "premier blanc sous les 10 secondes"... Euronews s'extasie encore plus fort que les autres en déclarant que Christophe Lemaitre écrit l'histoire du sprint en étant le premier blanc à passer sous la barre fatidique... Seul métro-france ose les guillemets au mot "blanc"...

Mais quel est ce chant que l'on entend ?

Un athlète français vient de parcourir un 100 mètres en moins de 10 secondes. Fait déjà très exceptionnel. Mais les commentateurs sont stupéfait par autre chose : cet athlète a moins de mélanine dans le derme que ceux qui sont passé sous cette barre symbolique auparavant.

Les blancs sortent grandi et peuvent être fiers que l'accession à cette performance ne soit plus seulement l'apanage des noirs, semblent estimer les commentateurs.

Seulement voilà, personne ne se pose la question de savoir pourquoi auparavant seuls des personnes d'origine africaine (aborigène pour l'un d'eux) ont franchi ladite barre. Dans les années 80, on attribuait déjà aux populations "négroïdes" des facultés spécifiques en matières sportive (les facultés intellectuelles étant attribuées aux "caucasiens"). Ce faisant, on a porté une attention particulière à ces populations pour faire progresser les meilleurs d'entre eux. Aujourd'hui, grâce au travail des antiraciste et des antifascistes, ce genre de différenciation est devenu obsolète.

Pour autant, on peut toujours aperçevoir, en France, une sur-représentation des nègres aux championnats nationaux de sprint. Posons-nous simplement la question : quelle population est la plus sensible à la discipline la plus populaire de l'athlétisme ? à qui cette population peut-elle s'identifier ? Et ou sont les meilleurs entraineurs ? Une piste : le podium de la finale des interclubs est composés uniquement de clubs parisiens, dont les deux premiers en banlieue nord. De plus, la plupart des clubs semblent être implantés auprès des quartiers populaires...

Un racisme à visage humain.

Un seul journaliste à peu près connu a stigmatisé ces commentaires : Bruno Roger-Petit. Il bosse sur Lepost.fr et sur sport24.com. Il a aussi été consultant sur I-télé pendant la coupe du monde, ou il se consternait que "maintenant, lorsque l'Algérie gagne un match de foot, les algériens envahissent les rues de Paris"... Commentaire raciste, s'il en est. Entendons-nous bien : nous sommes en France, tout de même. C'est sauvage pourraient être plus discrets ! Et c'est lui, le seul, qui stigmatise les commentaires racistes de la presse. C'est triste. Mais, sur cette question précise, il a tout dit :

Pour ma part, cette lecture de l'exploit me gêne. "Blanc" ? Et alors ? Faut-il commencer à décrypter les résultats sportifs en fonction de la couleur de la peau ? Quelle est donc cette nouvelle manière de présenter des résultats sportifs ?

Développons un peu ce que signifie cette lecture telle qu'elle est faite par tous les médias. "Un blanc court le 100 mètres en moins de dix secondes, c'est un exploit". Cela signifie quoi, a contrario ? Que les noirs qui courent le 100 mètres dans les mêmes temps ne réalisent pas un exploit ? Que les noirs sont génétiquement programmés pour courir plus vite ? Est-on en train de valider des thèses racistes d'un autre temps ?

Pour ce qui me concerne, je saluerai donc l'exploit de Lemaitre en ces termes : "pour la première fois depuis Ronald Pognon, un sprinteur français court le 100 mètres en moins de 10 secondes". C'est à la fois plus correct, d'un point de vue journalistique, et plus fondé d'un point de vue (osons le mot) de civilisation.

plus rapide, plus grosse bite 2.jpg
INTERVIEW AU MONDE :

Le Monde : La dimension raciale que les observateurs ont rapprochée de ce chrono vous choque-t-elle ?

Christophe Lemaître : Que je le veuille ou non, je suis le premier athlète blanc à battre les 10 secondes. Manifestement, je rentre dans l'histoire. Je crois qu'on heurte ici un tabou en vigueur dans l'athlétisme. En vérité, je me suis toujours écarté de cette dimension superflue. Je laisse cette considération aux médias.

Difficile de résister à l'assomoir médiatique, hein, Christophe ?

Mise à jour (27/07/2010, 12h23) : un excellent article de la BBC sur cette performance, avec une petite rétrospective historique (traduit par google, donc faut s'accorcher pour lire) => ici.

 

Teddy Francisot.

PS (c'est le cas de le dire) : un blancos, un white, en dessous des 10 secondes, voilà qui doit plaire à Manuel Valls...

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