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10/06/2009

"Nous avons intériorisé le pouvoir jusqu'à devenir nos propres flics..."

Les Frontières Intérieures.

« Ne tombez pas amoureux du pouvoir ».

C’est Michel Foucault (pas le présentateur, au cas où !) qui nous donnait ce conseil pour l’avenir dans une Invitation à une vie non-fasciste en hommage à L’Anti-Œdipe de Deleuze et Guattari dont une Biographie croisée vient de paraître qui nous permet de revisiter cinquante années de vie intellectuelle et politique pour nous défaire des partis et autres églises. Deleuze apercevait dans notre époque, avant de se défenestrer en 95, l’apparition d’un néo-fascisme ou mieux, de micro-fascismes. Il n’y a plus de grandes armées et des bras tendus au ciel, juste des petits riens, des radars, des panneaux « interdit de fumer », des charters… La démocratie, c’est le pouvoir de la médiocrité, disent ceux-là même qui guident le peuple, les Finkielkraut et autres « tortionnaires de l’intelligence collective ». Nous sommes dorénavant enfermés dans nos corps, nos groupes, nos communautés, nos pouvoirs d’achat. Ne nous reste plus qu’à vivre et penser comme des porcs, jugeait Gilles Châtelet. Nous avons intériorisé le pouvoir jusqu’à devenir nos propres flics et 68 est l’ennemi number one. Un tiers des français pensent qu’il y a évidemment trop d’étrangers en France et le grand humaniste avec son sac de riz, aujourd’hui Ministre de l’extérieur et aveugle omniscient, Bernard Kouchner, pouvait nous dire que « la France ne peut pas recevoir toute la misère du monde ». Nous nous sommes tellement mentis à nous-mêmes que le monde nous a crus et en Amérique latine, le mot France est cette terre de libertés synonyme de Droits de l’homme et où le chômage est un problème inconnu.

Nous rêvons d’un mur qui traverserait la Méditerranée comme les Américains ont su séparer le vieux du Nouveau Mexique. En fait, c’est nous qu’on enferme, dans nos gênes, dans nos races blanches, dans nos Ray-Ban. Comme disait déjà Hegel, le Maître est celui qui ne sait pas que l’Esclave le connaît. On clôt le parc pour identifier le mouton noir et « voir si la couleur d’origine peut revenir », comme disait la chanson. A s’aimer soi-même, on se retrouve comme castré, nos désirs sont des chimères, nos mémoires, des interdits. La frontière, c’est interdire une partie de nous-mêmes et la conscience devient une repentance. La France enfermée, il n’y a plus d’Empire colonial, d’héritage, de massacres et de rencontres. Non, la France n’est pas allée jusqu’à la Russie tsariste ou à Madagascar ! Liberté-Egalité-Fraternité au Panthéon ; en Afrique, les bienfaits des Lumières. L’histoire est révolue, comme la révolution. Le patronat s’attaque maintenant à l’enseignement qui rappelle encore, Quelle horreur ! que les grèves de 36 ont été facteurs d’émancipation pour les ouvriers. Pendant ce temps-là, les suicides fleurissent dans les usines Renault comme de mauvaises verrues sur un corps lisse.

Partie centrale de l'éditorial de Gwénael Glatre paru dans le 69.3 numéro 9.

L'unité indépendante

Indépendance à l'égard du PS ne veut pas dire indépendance à l'égard de ceux qui ne le sont pas.

Oui, c'est vrai, le PG et le PCF estiment que s'allier ponctuellement avec le PS peut leur permettre d'avoir une présence médiatique (20 millions de téléphages, ce n'est pas négligeable), des élus (histoire de voir comment que c'est de l'intérieur), de l'argent... C'est leur choix, leur droit. Je pense que c'est notre stratégie qui est la meilleure, parce qu'elle car elle s'appuie sur du militantisme de terrain. Mais dans tous les cas on ne peut pas lutter seul.

Il faut convaincre à la fois nos partenaires de gauche (PCF, LO, PG, AL, républicains) de la nécessité de l'indépendance à l'égard des socialauds, à la fois les trotskystes de la nécessité de l'unité à la gauche du PS (il y en a qui attendent le grand soir comme les chrétiens attendent encore le retour du Christ). Le changement par la rue, on en sera. On exploitera toutes les étincelles. Voire, on en sera une. Mais ce n'est pas une raison pour négliger le changement par les urnes.

Il faut savoir faire la différence entre eux et le PS. Dire que le PG et le PS ont un même combat est mensonger. Pareil pour le PCF et les républicains. C'est avec eux que nous nous sommes rassembler pour lutter contre la constitution libérale. Leurs élus nous informent régulièrement de toutes les merdes qui nous arrivent. Et avec ceux-là, on doit bosser à chaque fois qu'une élection ne prévoit pas la proportionnelle intégrale (genre aux européennes - proportionnelle oui, mais au plus fort reste... sinon, nous aurions eu 3 sièges - ; aux présidentielles, législatives et cantonales ; régionales ; etc...). C'est regrettable, puisque c'est une contrainte antidémocratique, mais il ne s'agit pas non plus d'un pacte rouge/brun !

Si nous avions fait le choix du front de gauche, et qu'au régionales ensuite, pour préserver ses élus, le PCF choisissait de s'allier au PS. Les électeurs auraient bien vu que c'est lui qui commet des actes contraires au discours. Mais en refusant de faire ce choix, nous avons nous-même privé notre discours d'unité d'un acte fort pour la gauche de l'espoir. Et peut-être même que ça aurait fait un joli score, et que par endroits, le PCF aurait préféré poursuivre le front de gauche plutôt que d'aller avec le PS et peut-être triompher sur lui. Mais las de la politique fiction, il faut agir.

Ce n'est pas une tâche qui sera facile. Ce sera d'autant plus difficile qu'il ne nous faudra rien lâcher. Et déjà, la première chose à faire est d'augmenter le nombre de militants. On doit être capable de convaincre les sympatisants que leur participation (financière => souscription, ou physique => adhésion) est un élément essentiel de la diffusion de nos idées. De plus, lorsque parmis nos partenaires on a un mastodonte de cent mille adhérents. Ce n'est qu'une manière de rééquilibrer les forces que d'aller vers cet objectif. A nous d'avoir un discours clair et loin de la démagogie pour éviter que des militants s'investissent sans connaissance de cause.

En résumé, il y a du boulot et on va le faire.

Teddy Francisot

16:35 Publié dans Electoralisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : élections, pcf, lo, al, mrc, pg, gauche, npa

 
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