Avertir le modérateur

15/01/2010

Quelle autonomie pour les antilles ?

drapreau de la guyane.jpgUn référendum a eu lieu en Guyane et en Martinique au cours du quel on a demandé à aux populations de choisir entre maintenir le statut actuel (article 73 de la Constitution - département/région) et l'autonomie (article 74 de la Constitution). C''est un débat persistant en raison des difficultés sociales qui existent aux antilles. Seulement 70% de la population a un emploi, contre 80% en France. Ils subissent une fiscalité particulière (l'octroi de mer) qui résulte de l'absence de volonté du parlement de financer les collectivités à une hauteur comparable aux collectivités métropolitaines. Les prix des biens et services sont 30% plus chers (parfois jusqu'à 4 fois plus chers), et seuls les fonctionnaires ont droit aux 40% "vie chère" de plus sur le salaire (pourcentage jamais atteint). Ceci alors que le surcoût lié au transports des produits n'est que de 10% !

La plupart des organisations politiques ont le sentiment qu'avec une plus grande autonomie, elles pourraient développer plus facilement le commerce et les infrastructures, notamment avec les voisins caribéens et américains (surtout du sud). Car avec leur statut actuel de département/région, ni la Guyane, ni la Martinique ne disposent de prérogatives diplomatiques. Pour palier à ce problème, il s'agit donc d'acquérir plus d'autonomie.

La différencedrapeau de la martinique.jpg entre l'article 73 et 74.

Dans le 73, on prévoit le statut de superdépartements et superrégions pour certaines collectivités d'outre-mer (971-2-3 = gwada, madiana, guyane). il leur est permis d'agir dans le domaine de la loi ou du règlement sur autorisation du législateur ou du gouvernement. On appelle ça les compétences élargies.

Dans le 74, la collectivité d'outre-mer a une assemblée délibérante unique, et cette assemblée fixe elle-même son régime électoral. La collectivité est consultée pour chaque loi ou règlement qui la concerne, ou pour chaque traité international dont le font entre dans son champs de compétence. On appelle ça l'autonomie. C'est un peu le même régime que pour la nouvelle-calédonie.

Ce choix ne dressera pas le sort de la martinique.

Le Parti Progressiste Martiniquais ne veut pas du 74 parce qu'avec la disparition des deux assemblées (départementale et régionale), et leur remplacement par une unique assemblée, il perd des élus (il est majoritaire). Dans leurs textes, lorsqu'ils parlent d'une "assise majoritaire"  pour contrebalancer leur volonté de "proportionelle", c'est un peu comme s'ils avouaient la vérité.

D'un autre côté, la réalité, c'est que le développement des antilles ne dépend pas tant du régime constitutionnel dans lequel ils évoluent que de l'emprise capitaliste dans laquelle ils sombrent à cause des békés, et autres capitalistes nègres.drapeau de la guadeloupe.jpg

Je suis un peu indépendantiste sur les bords, à cause de ça. Mais ce n'est pas une solution miracle non plus. Il suffirait que l'État française traite les antillais avec respect. Qu'il leur permette de préserver leurs cultures. Qu'il les traite à égalité quant au financement des collectivités et en matière de fiscalité. Qu'il arrête de prendre les caraïbes française pour une arrière court destinée au tourisme, alors qu'il y a un potentiel d'emploi important.

Combien de maison en tôle à fortifier ? d'infrastructure à développer capables de résister à un terrain volcanique et éventuellement sismique ? Combien d'emplois durables à créer pour adapter l'agriculture, les bâtiments, l'industrie et les services aux impératifs écologiques ?

Le choix de l'indépendance aurait peut-être pu, en plus, permettre à ces îles de fleurs, de belles eaux, et de grandes cultures de prendre part à la construction d'un pôle social mondial au sein de l'Alba, en compagnie du Vénézuéla, de la Bolivie, de l'Equateur, du Nicaragua, et d'autres pays sud-américains qui osent s'élever contre la globalisation financière, responsable de tant de ravages militaires, sociaux et environnementaux.

 

cliquez ici pour voir la deuxième partie

MAJ (15/01/10, 16h10) : Aimé césaire évoque la départementalisation dans une interview réalisée par Philippe Decraene paru dans le quotidien Le Monde (6 décembre 1981)

file_321747_42333.jpgVos adversaires politiques vous reprochent d'avoir milité autrefois en faveur de la départementalisation...

S'ils le font, c'est parce qu'ils manquent de sens historique... Tout mot d'ordre est situé historiquement et répond à des aspirations très précises. En 1945, tous les ressortissants de l'ex-empire voulaient devenir citoyens et cesser d'être des sujets. C'était déjà la philosophie du XIX' siècle. Jamais aucune loi ne fut aux Antilles plus populaire que celle qui instituait la départementalisation. Pour les antillais, cette mesure signifiait la fin de l'arbitraire, l'accès aux salaires européens et à la sécurité sociale, la substitution de la loi au décret. Par le régime départemental, ce qui était recherché c'était, naïvement sans doute, mais sincèrement, l'égalité des droits. Mais la France demeura réticente à appliquer ce qu'elle avait voté. J'ai alors réalisé que nous avions passé un marché de dupes et que la départementalisation n'était qu'une nouvelle forme de domination. Si erreur il y eu, elle fut collective.

 

Teddy Francisot

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu