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15/06/2009

Emeutes après l'élection du Président

Le vice-président américain, Joe Biden, estime qu’il existe «de vrais doutes» sur la victoire du président, «vu la façon dont ils répriment la liberté d'expression, la façon dont ils répriment la foule, et la manière dont les gens sont traités». Toutefois, «nous n'avons pas assez de faits pour établir un jugement définitif" et "nous devons attendre de voir», a-t-il tempéré.

Bernard Kouchner, estime quant à lui qu'il n'y a «pas de solution dans la brutalité et dans le développement d'activités militaires sans fin.»

L'Allemagne a condamné ce dimanche les violences policières à l'encontre des manifestants. «Les actions violentes des forces de sécurité à l'encontre des manifestants sont inacceptables», a affirmé le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier dans un communiqué.

En effet, le soir du 6 mai 2007, pour la première fois sous la Vème République, des émeutes ont eu lieu en contestation de l'élection du Président de la République. Durant la campagne présidentielle, il a clairement assumé sa chasse sur les terres fascisantes. Plus que ça, il a fait preuve de racisme : "les familles maghrébines sont mieux tenues que les familles africaines. C'est pourquoi on a plus de problèmes avec les enfants originaires d'Afrique". Il ne cache pas non plus ses penchants eugénistes : "Fofana, du gang des barbares n'a que 24 ans. Mais on ne devient pas un tortionnaire entre 22 et 24 ans. Il faut donc intervenir dès la maternelle sur les enfants violents pour éviter qu'ils ne deviennent des assassins. A 16 ans, c'est trop tard." Sans parler des lieux communs : "Tous les gens qui ont des problèmes avec la police et la justice ont eu des troubles du comportement." Notez bien que ce ne sont que des exemples. Car il y a de quoi faire une encyclopédie.

Son travail au ministère de l'intérieur a été marqué par une frénésie du sécuritaire. A chaque fait divers médiatique, sa loi. La violence est partout. Personne n'est à l'abris. Entendons-nous bien : ce n'est pas si faux que ça. La violence matérielle et physique augmente au rythme de la violence sociale. Sauf que comme dans les autres services publics, le nombre de postes dans la police régresse. Et comme dans les autres services publics, le privé s'y substitut. Alors déjà que la police publique ce n'était pas la joie et la gaité, que dire de la police privée ?! Sans parler des rafles de sans-papiers : toujours immondes lorsqu'on se remémore la France vichyste et celle du 17 octobre 1961. Il a su à merveille jouer sur les divisions : chômeur contre français qui se lève tôt ; mauvaises racailles (parfois musulmans, toujours peaux rouges) contre visages pâles aspirant à la tranquillité publique...

Bref. C'était il y a deux ans : Nicolas Sarkozy était élu président de la République française.

Une sérieuse opposition se cristalise aujourd'hui contre ce concentré d'ignominie. Mais il ne faut surtout pas qu'elle se voit. Lorsqu'il passe en visite, rassemblez-vous si vous voulez, mais au loin. Et donnez vos drapeaux, tracts, autocollants, affiches et autres outils de propagande à la police de l'opinion. D'ailleurs, si vous pouviez juste ne pas exister aussi, ce serait formidable. Et que je fasse virer (grâce à mes contacts) des journaleux qui m'ont agassé ; et que je te nomme les directeurs des médias publiques ; et que je te ressorte le délit d'offense au président ; et même avec tout ça, les policiers  - au dessus des lois - et les procureurs se permettent de faire du zèle (comme on peut aisément le constater dans les tribunaux)...

Mais ce n'est pas de lui dont Biden, Kouchner et Steinmeier causaient. C'était de Mahmoud Ahmadinejad, président iranien sortant et rerentrant, élu hier à 62% par un scrutin dont on soupsonne des irrégularités, et dont le résultat a déclenché des émeutes à Téhéran. A cette occasion, les SMS ont été bloqués, des journalistes expulsés, des satellites brouillés et des locaux de presse fermés pour une semaine.

Nico a trouvé son maître.


Teddy Francisot

12/06/2009

Des diplômes théologiques en France

La ligue des droits de l'homme et la ligue de l'enseignement déposent un recours commun contre les diplômes théologiques. Voici leur communiqué :

Le 18 décembre 2008 un accord sur « la reconnaissance des grades et diplômes dans l’enseignement supérieur » a été signé par Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, et Dominique Mamberti, secrétaire au Saint Siège pour les relations avec les Etats. Un décret du 16 avril 2009 signé par le Président de la République en porte publication. Cet accord est inadmissible. Il remet en cause la laïcité de la République en privilégiant une option spirituelle et en mettant fin au monopole d’Etat pour la collation des grades dans l’enseignement. Il méprise, en outre, les prérogatives du Parlement auquel, selon l’article 53 de la Constitution, doit être soumis tout accord international modifiant la législation.

Afin de s’opposer à sa mise en œuvre, la Ligue des droits de l’Homme et la Ligue de l’enseignement déposent un recours commun auprès du Conseil d’Etat contre cet accord.

Paris, le 10 juin 2009

Dans une publication du 27 janvier 2009, SUD étudiant avait déjà dénoncé ces accords dans une interrogation réthorique : "l'avenir de l'université : le droit canon ou la charia ?". Y était dénoncé également l'éparpillement du contenu des formations et des diplômes afin réduire le champs d'application des conventions collectives, ainsi que la volonté de faire des étudiants des produits dédiés aux marchés, notamment internationaux.

Teddy Francisot

10/06/2009

"Nous avons intériorisé le pouvoir jusqu'à devenir nos propres flics..."

Les Frontières Intérieures.

« Ne tombez pas amoureux du pouvoir ».

C’est Michel Foucault (pas le présentateur, au cas où !) qui nous donnait ce conseil pour l’avenir dans une Invitation à une vie non-fasciste en hommage à L’Anti-Œdipe de Deleuze et Guattari dont une Biographie croisée vient de paraître qui nous permet de revisiter cinquante années de vie intellectuelle et politique pour nous défaire des partis et autres églises. Deleuze apercevait dans notre époque, avant de se défenestrer en 95, l’apparition d’un néo-fascisme ou mieux, de micro-fascismes. Il n’y a plus de grandes armées et des bras tendus au ciel, juste des petits riens, des radars, des panneaux « interdit de fumer », des charters… La démocratie, c’est le pouvoir de la médiocrité, disent ceux-là même qui guident le peuple, les Finkielkraut et autres « tortionnaires de l’intelligence collective ». Nous sommes dorénavant enfermés dans nos corps, nos groupes, nos communautés, nos pouvoirs d’achat. Ne nous reste plus qu’à vivre et penser comme des porcs, jugeait Gilles Châtelet. Nous avons intériorisé le pouvoir jusqu’à devenir nos propres flics et 68 est l’ennemi number one. Un tiers des français pensent qu’il y a évidemment trop d’étrangers en France et le grand humaniste avec son sac de riz, aujourd’hui Ministre de l’extérieur et aveugle omniscient, Bernard Kouchner, pouvait nous dire que « la France ne peut pas recevoir toute la misère du monde ». Nous nous sommes tellement mentis à nous-mêmes que le monde nous a crus et en Amérique latine, le mot France est cette terre de libertés synonyme de Droits de l’homme et où le chômage est un problème inconnu.

Nous rêvons d’un mur qui traverserait la Méditerranée comme les Américains ont su séparer le vieux du Nouveau Mexique. En fait, c’est nous qu’on enferme, dans nos gênes, dans nos races blanches, dans nos Ray-Ban. Comme disait déjà Hegel, le Maître est celui qui ne sait pas que l’Esclave le connaît. On clôt le parc pour identifier le mouton noir et « voir si la couleur d’origine peut revenir », comme disait la chanson. A s’aimer soi-même, on se retrouve comme castré, nos désirs sont des chimères, nos mémoires, des interdits. La frontière, c’est interdire une partie de nous-mêmes et la conscience devient une repentance. La France enfermée, il n’y a plus d’Empire colonial, d’héritage, de massacres et de rencontres. Non, la France n’est pas allée jusqu’à la Russie tsariste ou à Madagascar ! Liberté-Egalité-Fraternité au Panthéon ; en Afrique, les bienfaits des Lumières. L’histoire est révolue, comme la révolution. Le patronat s’attaque maintenant à l’enseignement qui rappelle encore, Quelle horreur ! que les grèves de 36 ont été facteurs d’émancipation pour les ouvriers. Pendant ce temps-là, les suicides fleurissent dans les usines Renault comme de mauvaises verrues sur un corps lisse.

Partie centrale de l'éditorial de Gwénael Glatre paru dans le 69.3 numéro 9.

 
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