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22/02/2011

Rivières de sang en pays arabes

C'est d'ailleurs ce qui fait la beauté du paysage.

D'un côté, un peuple insoumi, près à se battre contre la misère sociale ; de l'autre, un monarque qui se complait dans le faste, et engage des mercenaires subsahariens pour matter la foule. Voilà l'amour d'un homme pour son peuple, vu de Libye. Kadhafi partira comme les autres. Comme Moubarak en Egypte. Comme Ben Ali en Tunisie. Seuls l'algérien Bouteflika et le marocain Mohamed VI tirent leurs épingles du jeu dans le grand Maghreb. Des soulèvements sont en cours au Bahreïn et au Yémen, et d'autres initiatives incertaines naissent au Djibouti, en Iran, en Jordanie et probablement ailleurs. Mais une chose est sûr, c'est que les responsables français qui ont soutenus ces dictatures sont toujours en place, libres de tous soupsons...

Dominique Strauss-Kahn : "la politique économique de la Tunisie est saine, et c'est un bon exemple à suivre [La démocratie, les libertés publiques, le partage des richesses, on s'en fout ! Du moment que l'économie va bien]."

Rama Yade : "[Kadhafi] doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort." Dont acte (voir photo).yade et kadhafi.jpg

Michelle Alliot-Marie (et ses proches) : "le jet privé, c'est vraiment confortable."

Nicolas Sarkozy (et son épouse) : entre Bongo, Kadhafi et consorts, à force de lécher des culs, il a la bouche pleine de merde. Exemples : discours de Grenoble (aux origines de la LOPPSI 2) et discours de Dakar. 'Y a plus que sa femme pour accepter son baiser de la mort à lui (voir ici). Tout ça pour vendre, entre autres, des armes - avec lesquelles on tue des manifestants, en plus.

Orange France-télécom (et autres grands groupes) : "je m'en vais délocaliser un centre d'appel en Tunisie, et dire à Yasmina qu'elle s'appelle Geneviève. Ce n'est pas si grave : 'y en a bien qui vendent des armes ! Vous comprendrez bien que dans une société capitaliste, le plus important, c'est l'argent !"

Au final, il y en a un qui met tout le monde d'accord, c'est Boris Boillon :


Dans sa vie, on fait tous des erreurs,

et dans sa vie, on a tous droit au rachat.

Teddy Francisot.

10/11/2010

Nous avons perdu !

D'un hameçon plus habile que vos potences, nous prendrons notre bien où nous voulons qu'il soit.

Paul Eluard, poète surréaliste.

Depuis 30 ans, le capital monopolise le produit de la croissance annuelle. Si bien qu'entre 1981 et 1995, la part des salaires et assimilés s'est effondrée de 10% (de 71,8 à 60,3%) alors que celle des profits bondissait d'autant (28,2 à 39,7%) ! On crée des niches fiscales, on multiplie les subventions, et on s'étonne qu'il n'y ait plus d'argent dans les caisses. Pire, on prétend que c'est à cause des acquishold up géant.jpg sociaux. Et alors, de radiations du pôle-emploi, au retardement du droit à la retraite, en passant par les déremboursement de médicaments et autres franchises médicales, on précarise, on appauvrit, on stigmatise et on détruit des valeurs républicaines, et parfois révolutionnaires.

Cliquez sur la BD =>

Pourquoi veut-on repousser l'âge du droit d'accès et celui du droit au taux plein alors qu'on sait que la durée de vie en bonne santé d'un ouvrier est de 59, et que, déjà, avec l'âge du droit au départ actuel à la retraite, il ne pourra pas profiter d'une période de repos sans pathologie récurrente ? alors qu'on sait aussi que la crise a doublé le déficit des caisses de retraite, pour la simple raison que les licenciements, qui n'ont pas été interdit par le gouvernement, ont conduit à une réduction du versements des cotisations sociales prélevées sur les salaires ? Et que 5 millions de sans-emploi, c'est autant de salaires en moins, et donc autant de cotisations sociales en moins pour renflouer les caisses. ? Enfin, alors qu'on sait que les exonérations de cotisations accordées aux entreprises privent les caisses de 30 milliards d'€ par an, sans créer d'emploi, comme c'était l'objectif ?

Le syndicalisme est à la société moderne ce que le mercurochrome est à la jambe de bois.

Coluche, humoriste contestataire.

Ce partage inégal des richesses (ou vol à l'arraché, c'est selon) est permise en partie à cause de l'apathie des grandes centrales syndicales, qui font de moins en moins de syndicalisme (ou en tout cas, qui se concentre essentiellement sur le syndicalisme de service, au détriment du syndicalisme de lutte) et font de plus en plus de politique (en calquant leurs grandes journées d'actions sur le calendrier du gouvernement et du parlement), alors que leur rôle est d'établir un rapport de force susceptible, non pas de "mobiliser l'opinion publique", mais bien de faire reculer le gouvernement ! Depuis le départ, la CFDT n'était pas contre cette réforme. Pourtant, la CGT, dont les militants sont assurément contre, a voulu lui coller au train pour préserver l'unité syndicale. Mais à quoi sert l'unité syndicale si ce n'est pour aller au carton contre une réforme régressive ?

Le gouvernement est en train de mener une guerre de classes. Et face à lui, les syndicats sont incapables d'apporter les réponses suffisantes. L'alliance CGT, FSU, FO, et Solidaires, c'est 1 263 000 militants qui peuvent convaincre les salariés sur le terrain, pour pousser à cette mobilisation radicale qui aurait mis la réforme en échec. Les adhérents des quatre autres syndicats ne sont pas perdus puisque de toute façon ils n'auraient rien fait ! Les chances auraient ainsi été de notre côté. D'autant que là, les travailleurs avaient envie d'exploser, mais ils étaient dans l'attente d'un appel clair de la part des organisations syndicales. Ils auraient dû foncer sans eux. Ce sera peut-être pour la prochaine fois.

 

la lutte continue.jpg

nous irons jusqu'au bout

 

Teddy Francisot

 

adhérez à sud solidaires.jpg

 

En tout cas, il est grand temps que Solidaires se renforce pour que le syndicalisme de lutte ait plus de poids dans l'intersyndicale et le mouvement social.

15/06/2009

Emeutes après l'élection du Président

Le vice-président américain, Joe Biden, estime qu’il existe «de vrais doutes» sur la victoire du président, «vu la façon dont ils répriment la liberté d'expression, la façon dont ils répriment la foule, et la manière dont les gens sont traités». Toutefois, «nous n'avons pas assez de faits pour établir un jugement définitif" et "nous devons attendre de voir», a-t-il tempéré.

Bernard Kouchner, estime quant à lui qu'il n'y a «pas de solution dans la brutalité et dans le développement d'activités militaires sans fin.»

L'Allemagne a condamné ce dimanche les violences policières à l'encontre des manifestants. «Les actions violentes des forces de sécurité à l'encontre des manifestants sont inacceptables», a affirmé le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier dans un communiqué.

En effet, le soir du 6 mai 2007, pour la première fois sous la Vème République, des émeutes ont eu lieu en contestation de l'élection du Président de la République. Durant la campagne présidentielle, il a clairement assumé sa chasse sur les terres fascisantes. Plus que ça, il a fait preuve de racisme : "les familles maghrébines sont mieux tenues que les familles africaines. C'est pourquoi on a plus de problèmes avec les enfants originaires d'Afrique". Il ne cache pas non plus ses penchants eugénistes : "Fofana, du gang des barbares n'a que 24 ans. Mais on ne devient pas un tortionnaire entre 22 et 24 ans. Il faut donc intervenir dès la maternelle sur les enfants violents pour éviter qu'ils ne deviennent des assassins. A 16 ans, c'est trop tard." Sans parler des lieux communs : "Tous les gens qui ont des problèmes avec la police et la justice ont eu des troubles du comportement." Notez bien que ce ne sont que des exemples. Car il y a de quoi faire une encyclopédie.

Son travail au ministère de l'intérieur a été marqué par une frénésie du sécuritaire. A chaque fait divers médiatique, sa loi. La violence est partout. Personne n'est à l'abris. Entendons-nous bien : ce n'est pas si faux que ça. La violence matérielle et physique augmente au rythme de la violence sociale. Sauf que comme dans les autres services publics, le nombre de postes dans la police régresse. Et comme dans les autres services publics, le privé s'y substitut. Alors déjà que la police publique ce n'était pas la joie et la gaité, que dire de la police privée ?! Sans parler des rafles de sans-papiers : toujours immondes lorsqu'on se remémore la France vichyste et celle du 17 octobre 1961. Il a su à merveille jouer sur les divisions : chômeur contre français qui se lève tôt ; mauvaises racailles (parfois musulmans, toujours peaux rouges) contre visages pâles aspirant à la tranquillité publique...

Bref. C'était il y a deux ans : Nicolas Sarkozy était élu président de la République française.

Une sérieuse opposition se cristalise aujourd'hui contre ce concentré d'ignominie. Mais il ne faut surtout pas qu'elle se voit. Lorsqu'il passe en visite, rassemblez-vous si vous voulez, mais au loin. Et donnez vos drapeaux, tracts, autocollants, affiches et autres outils de propagande à la police de l'opinion. D'ailleurs, si vous pouviez juste ne pas exister aussi, ce serait formidable. Et que je fasse virer (grâce à mes contacts) des journaleux qui m'ont agassé ; et que je te nomme les directeurs des médias publiques ; et que je te ressorte le délit d'offense au président ; et même avec tout ça, les policiers  - au dessus des lois - et les procureurs se permettent de faire du zèle (comme on peut aisément le constater dans les tribunaux)...

Mais ce n'est pas de lui dont Biden, Kouchner et Steinmeier causaient. C'était de Mahmoud Ahmadinejad, président iranien sortant et rerentrant, élu hier à 62% par un scrutin dont on soupsonne des irrégularités, et dont le résultat a déclenché des émeutes à Téhéran. A cette occasion, les SMS ont été bloqués, des journalistes expulsés, des satellites brouillés et des locaux de presse fermés pour une semaine.

Nico a trouvé son maître.


Teddy Francisot
 
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