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11/02/2011

L'impasse anticapitaliste

En 2005, le collectif du "non" à la Constitution libérale européenne a accouché des collectifs unitaires antilibéraux. Ce fût un échec en raison de la volonté d'hégémonie du PCF et du manque d'engagement de la LCR. C'est cet échec qui a débouché sur la candidature de José Bové en 2007. En 2008, la même LCR profite de l'occasion pour s'ouvrir et créer un parti plus large pour rassembler les anticapitalistes. Sauf qu'au même moment, dans la perspective des élections municipales 2008, la direction de LO vote les listes communes avec le PS (pour garder ses élus). La fraction "l'étincelle" proteste, et se fait virer. Dès lors, la démarche de la LCR tombe à pic.

Aujourd'hui, 6 ans après, rien n'a changé. Ou en pire, puisque les unitaires sont passé à la troisième place lors de la dernière votation (seulement 27% Unitaires, contre 41% ex-LCR, et 32% ex-LO + ex-CRI -), alors que nous étions à la seconde place lors de la votation pré-régionales 2010 (à 32%, contre 36% ex-LCR et 29% ex-LO). Une régression dans le score qui s'explique par le départ au compte-goute de nombreux militants unitaires.

Depuis le congrès de fondation, le NPA est passé de 9000 à 4500 militants. D'abord parce le NPA n'a pas su intégrer toute les franges de la classe ouvrière avec leurs caractéristiques propres. Exemple : la présentation d'Ilham Moussaïd sur les listes du NPA Vaucluse lors des élections régionales de 2010. Le débat a été très vif au sein du parti, car certains voyaient une femme voilée, symbole de l'oppression des femmes par les églises, et d'autres voyaient simplement une femme issue de la classe ouvrière et habitante dans un quartier populaire. Et ensuite, parce qu'aucune place n'a été faite aux nouveau militants qui s'inscrivaient dans une perspective unitaire

Cette peur de créer l'illusion populaire quant au changement de stratégie électorale est injustifiée. Le NPA a toujours été un parti de soutien à la lutte de classe, et il suffit de regarder ses communiqués pour s'en convaincre. Qu'un accord électoral au niveau national soit compliqué, on peut le comprendre. Il y des enjeux d'appareil, des enjeux de personnes, une personnalisation politique impliquée en partie par le présidentialisme de la Vème République. Mais, si participer aux élections locales ne transformera pas radicalement les rapports sociaux, cela peut contribuer à changer le quotidien des gens. Penser global, agir local, pas vrai ?

 

cest parti NPA.jpg

Droit dans le mur

 

Raoul-Marc Jennar, altermondialiste, le dira mieux que moi : l’objection majeure est le risque de gouverner avec le PS. Mais que devient ce risque dès lors qu’on modifie le rapport des forces et qu’on représente une force réelle avec laquelle on doit compter ? Que craint-on ? L’incapacité à tenir tête au PS ? Comme on semble craindre aussi l’incapacité à défendre son point de vue dans un Front de Gauche élargi. Quand on reste entre soi, on ne risque rien. Et on a toujours raison. Mais on ne change rien au système en place. Et pas davantage à la formidable bataille idéologique engagée depuis trente ans. Car ce ne sont pas les partis politiques qui ont ramené la contestation du capitalisme dans le débat politique, contrairement à ce qu’affirme Olivier [Besancenot]. Ce sont les altermondialistes. Et les partis ne font que suivre un mouvement qu’ils ont été incapables de susciter.

Même le Front de Gauche ne semble pas modifier le poids spécifique de cette gauche de gauche. Parce qu’il ne suffit pas à lui seul à porter une nouvelle espérance, à créer une dynamique. Cela ne peut venir que d’un Front de Gauche élargi au NPA, à la FASE, aux Alternatifs, aux Décroissants, à tout ce qui aspire dans ce pays à un changement véritable et non à un aménagement du système. Seul cet élargissement créera l’indispensable dynamique. Et il peut se faire sur la base d’un principe fédérateur : le choix prioritaire de l’intérêt collectif qui implique la remise en question radicale de la marchandisation de toutes les activités humaines.

Clémentine Autain, animatrice de la FASE, également : prétendre que l’on peut transformer la vie du plus grand nombre à partir du seul NPA demeure soit une illusion, soit une entourloupe. Si les options stratégiques finales d’un grand rassemblement de toute la gauche de transformation ne sauraient être en tous points pré-établis, et que des divergences peuvent même perdurer en son sein, le choix de l’isolement n’est-il pas une impasse à coup sûr ? En outre, le NPA attend-il de ses partenaires potentiels qu’ils aient exactement la même conception stratégique que lui ? Auquel cas, inutile de revendiquer l’unité : elle sera en effet introuvable. Car le principe même d’un rassemblement, c’est d’allier des collectifs militants et des individus qui regardent dans la même direction mais ne pensent pas en tous points la même chose.

 


Religion, laïcité, émancipation. Rapport 2
envoyé par E_varlin. - L'info video en direct.


Teddy Francisot.

18/12/2010

Las de l'anticommunisme

anarcho autonome au couteau.jpgJe discutais avec l'un de mes coachs, à l'entrainement. International français, à l'époque, il a eu l'occasion de se déplacer à Moscou durant le régime communiste. Il me raconte alors la façon dont l'équipe a été traitée par la police, sur les interdictions dont ils ont fait l'objet, sur l'isolement, etc... Sur quoi il termine en me disant : « depuis cet événement, je me considère anticommuniste ». Patatra ! Le mot est lâché.

Peut-être que je m'avance, mais je crois que mon coach est attaché à un certain nombre de valeurs morales. Dont celle de la vérité. C'est pourquoi je lui dédie ce petit article. Mais je n'évoquerai pas le caractère autoritaire du régime. Oui, la société russe (et d'autres pays se revendiquant du communisme) était emprisonnée par un système de contrôle de la pensée et de fliquage des citoyens. C'est une donnée qui n'est pas contestable. Cependant, est-ce suffisant pour se réclamer de l'anticommunisme ?

Le terme est employé pour disqualifier l'idéologie des communistes d'aujourd'hui en les renvoyant aux régimes qui ont échoué. Un peu comme si Karl Marx était rendu responsable à postériori (c'est-à-dire après sa mort) de l'émergence des régimes qui se sont revendiqué du communisme, et qui ont ainsi galvaudé ce fabuleux projet de société. En réalité, c'est une pratique qui, même sur la forme, n'a aucun sens puisque le communisme est un courant politique qui recouvre un nombre important de tendances. Par exemple, le marxisme et l'anarchisme sont des tendances du communisme, qui comportent eux même des sous-catégories... Ainsi, on fait porter le chapeau aux trotskystes (tendance du marxisme) des dérives staliniennes, alors qu'ils les ont combattus1.

imre nagy.jpgPrécisons une chose essentielle : les premiers à s'attaquer au régime soviétique, au moment ou les états-Unis en chantaient les louanges (notamment à travers le film « Mission to Moscow », 1943), étaient eux-même issus du parti communiste. C'était le cas pour Imre Nagy, en Hongrie. Appelé au pouvoir par le comité central du parti après une insurrection étudiante, il sort le pays du pacte de Varsovie et prépare une démocratie parlementaire. L'URSS n'est pas d'accord et lui envoi l'armée rouge. Sur quoi, il fuit en Yougoslavie, mais le KGB le retrouve : Imre Nagy est pendu pour « conduite non-révolutionnaire » en 1958.

L'anticommunisme est aussi un terme qui permet d'éluder le fond du débat politique. à savoir, de quelle société voulons-nous ? Pourquoi ne pas socialiser les moyens de production de masse, alors que les personnes qui fabriquent les produits sont les mêmes que ceux qui les consomment ? Pourquoi rejeter cette ode à l'impôt progressif : « de chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoin », alors qu'il permettrait de régler d'un coup les problèmes de déficit de la sécurité sociale (dont les caisses de retraite) et d'extension des services publics ? Et ne parlez pas de la concurrence et de la compétition économique internationale qui nous enjoindrait à réduire les salaires et les droits sociaux. Pour notamment, deux raison :

D'abord, les droits sociaux ne sont coûtent pas plus cher que les liberté individuelles, car par exemple, la liberté d'entreprendre nécessite le financement de la chambre de commerce et d'industrie, de subventions, du tribunal de commerce et enfin, le départ de clients d'une entreprise publique d'électricité (suivez mon regard) vers des opérateurs privés fait perdre des revenus à l'État. Ensuite, cette compétition n'existe que dans le cadre économique d'une libre circulation des marchandises et des capitaux. Or, c'est le cadre économique défendu et mise en œuvre en France par les libéraux de droite (dont le centre) comme de gauche (autour du PS). D'où l'importance de se réclamer du communisme, ou de l'anticapitalisme, ou de la gauche radicale, etc... pour rompre avec l'ordre capitaliste.

 

drapeau rouge - Copie.jpg

Alors coach, toujours anticommuniste ? clin d'oeil - Copie.jpg

 

Teddy Francisot

 

1 Mais les trotskystes orthodoxes ne sont pas tout blancs non plus : cliquez-ici.

31/10/2010

Retour sur les régionales 2010

Voilà une vidéo de 54 minutes dans laquelle je suis interviewé par des étudiants à propos des régionales qui ont eu lieu au premier semestre 2010. C'est seulement maintenant que je la retrouve. Et c'est donc seulement maintenant que je la partage.

 

 
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